Quand on reproche aux jeunes d’être « rêveurs », on leur reproche en réalité de ne pas accepter le monde tel qu’il est. Or, comme le disait l’écrivain Pierre Bordage, « Ce sont ceux qui rêvent le jour qui savent voir la nuit. »
Les jeunes ne sont pas en retard sur la vie. Ils sont en avance sur le monde. Et c’est bien pour cela qu’ils nous dérangent tant.
Alors plutôt que de leur reprocher d’être des idéalistes, faisons-leur une place. Ils pourraient bien être les seuls à avoir encore la force de construire l’avenir dont nous avons tous besoin. Et vous, adulte, parent ou manager : êtes-vous prêt à échanger votre cynisme contre un peu de leur idéalisme ? La réponse déterminera si les générations futures vous regarderont comme un obstacle ou comme un tremplin. Quand on reproche aux jeunes d’être « rêveurs
Faire du stop en Patagonie, lancer une association sans fonds, créer une startup dans sa chambre : ce sont des aventures. Et celles-ci forgent des compétences qu’aucune école de commerce n’enseigne : la débrouillardise, la tolérance à l’échec, l’intelligence relationnelle et la résilience.
Pourtant, et si nous prenions cette phrase à contre-pied ? Et si, loin d’être une faiblesse à corriger, l’idéalisme, la rêverie et l’esprit d’aventure étaient précisément les ressources les plus précieuses que la société gaspille ? Ils sont en avance sur le monde
Cette phrase, aussi immuable que le coucher du soleil, traverse les générations comme un refrain paternaliste. Que vous l’ayez entendue de la bouche d’un parent lors d’un dîner de famille, d’un recruteur après un refus d’embauche, ou d’un professeur en fin de cours, elle porte toujours la même condescendance amusée. L’adulte, installé dans le confort (ou la résignation) du « monde réel », regarde le jeune avec une tendresse mi-figue mi-raisin : « Tu verras, quand tu auras un crédit et deux enfants, tu arrêteras de vouloir changer le monde. »
Dire d’un jeune qu’il est idéaliste, c’est souvent lui reprocher de refuser le compromis trop tôt. L’adulte a accepté que le travail soit parfois aliénant, que la politique soit un jeu de carriéristes, que l’écologie passe après le pouvoir d’achat. Le jeune, lui, regarde l’écart béant entre ce qui est et ce qui pourrait être. Ils pourraient bien être les seuls à avoir
Les jeunes d’aujourd’hui rêvent d’une société où l’on ne meurt pas d’épuisement au travail, d’une technologie qui sert l’humain et non le profit, d’une politique sans corruption. Ce sont des rêves ambitieux. Mais sans eux, nous nous contenterions d’un monde terne et sans horizon. « Il veut faire un tour du monde au lieu de passer son concours. Il change de métier tous les deux ans. Il est instable. » L’adulte moderne a érigé la sécurité en valeur suprême. CDI, crédit immobilier, assurance vie : tout est conçu pour annuler le risque. Or, l’aventurier, par définition, court le risque.
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